Modifications apportées à la TVA et à la taxe numérique au Zimbabwe en 2026

Résumé
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Le budget national 2026 du Zimbabwe introduit plusieurs ajustements fiscaux visant à stabiliser les recettes et à soutenir la transition vers la prochaine stratégie nationale de développement. Parmi les changements les plus notables en matière de TVA et d'impôts indirects, on peut citer l'augmentation du taux normal de TVA de 15 % à 15,5 %, à compter du 1er janvier 2026. Cette mesure s'inscrit dans le cadre d'un ensemble de mesures fiscales plus larges visant à réduire la dépendance à l'égard de la taxe sur les transferts d'argent intermédiés (IMTT) tout en préservant la base de recettes du gouvernement.
Augmentation de la TVA : de 15 % à 15,5
À compter du 1er janvier 2026, le taux normal de TVA augmentera de 0,5 point de pourcentage, passant de 15 % à 15,5 %.
Bien que cet ajustement semble marginal, il vise à compenser en partie la réduction de l'IMTT sur les transactions libellées en ZiG, qui passera de 2 % à 1,5 %.
L'IMTT de 2 % sur les transactions en USD reste inchangé, reflétant la prédominance des activités libellées en USD dans l'économie.
Cette augmentation de la TVA implique :
une augmentation des prix TTC d'environ 0,43 %,
la nécessité de mettre à jour les systèmes ERP, les logiciels de point de vente, les solutions de facturation et les barèmes fiscaux, et
la nécessité de réévaluer les stratégies de prix et les conditions contractuelles qui s'étendent au-delà de la date d'entrée en vigueur.
Dans une économie où les taxes à la consommation sont largement appliquées et où les coûts de mise en conformité sont déjà importants, même une légère augmentation de la TVA a un impact considérable sur les chaînes d'approvisionnement et les dépenses de consommation.
Interaction entre la TVA et l'IMTT
Le budget présente l'augmentation de la TVA comme une mesure compensatoire à la baisse des recettes de l'IMTT. Le gouvernement vise à encourager une plus grande utilisation de la monnaie ZiG en réduisant l'IMTT sur les transactions électroniques ZiG. Cependant, comme la plupart des transactions de grande valeur restent libellées en dollars américains, la majeure partie des recettes de l'IMTT continuera de provenir de la taxe inchangée de 2 % sur les dollars américains.
D'un point de vue politique, ce changement consiste en fait à échanger une réduction modeste sur une assiette fiscale étroite (IMTT ZiG) contre une augmentation généralisée de la taxation de la consommation. Cela signifie que le nombre de contribuables concernés par l'ajustement de la TVA sera plus important que celui des contribuables qui bénéficieront directement de l'allègement de l'IMTT.
Évolution de la fiscalité numérique : introduction d'une retenue à la source sur les services numériques
Le budget 2026 introduit également une retenue à la source sur les services numériques (DSWT) sur les paiements versés à des plateformes numériques offshore, remplaçant la TVA existante sur les services numériques importés. Le nouveau régime s'applique à des services tels que :
les plateformes de streaming,
les applications de VTC et de livraison,
les plateformes de contenu en ligne et
les services Internet par satellite.
Les institutions financières et autres agents payeurs seront tenus de retenir et de verser la taxe, ce qui déchargera les fournisseurs non résidents de leurs obligations de conformité et réduira le recours aux régimes d'auto-évaluation qui, historiquement, ont été peu utilisés.
Pour les prestataires de services numériques transfrontaliers, le passage de la TVA à un modèle de retenue à la source marque une évolution vers une simplification et une meilleure applicabilité, mais peut également avoir des implications en matière de tarification et de contrats pour les utilisateurs locaux.
Justification politique et harmonisation régionale
Le ministre des Finances a souligné que la numérisation rapide a accru la consommation de services en ligne fournis principalement par des entreprises étrangères qui n'ont pas de présence physique au Zimbabwe. Il a fait remarquer que ces transactions échappent souvent à la fiscalité nationale, ce qui entraîne des pertes de recettes et des distorsions de concurrence pour les fournisseurs locaux soumis à l'ensemble des règles fiscales nationales.
Le ministre a cité le Nigeria, le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie et la Sierra Leone comme exemples de juridictions africaines qui ont mis à jour leurs cadres fiscaux pour tenir compte de l'économie numérique, positionnant ainsi le Zimbabwe dans une tendance régionale plus large.
Implications pour les entreprises et les équipes fiscales
Modification du taux de TVA
Mettre à jour les codes TVA, les barèmes fiscaux ERP, les systèmes de facturation électronique et les outils de point de vente.
Réexaminez les prix TTC, les contrats clients et les accords à long terme.
Traitez les questions transitoires pour les fournitures de décembre 2025 / janvier 2026.
Retenue à la source sur les services numériques
Identifiez tous les paiements effectués à des plateformes numériques offshore qui seront soumis à la DSWT.
Examiner les contrats des fournisseurs pour connaître les conditions de majoration et déterminer qui supporte le coût de la retenue à la source.
Ajuster les processus de paiement internes pour les banques, les canaux de paiement mobile et les opérations de trésorerie.
Recalibrage de l'IMTT
Examiner les canaux de paiement des transactions et évaluer si le passage des paiements en ZiG à ceux en USD a une incidence sur l'exposition à l'IMTT.
Mettre à jour les politiques financières et de trésorerie en conséquence.
Conclusion
Le plan budgétaire 2026 du Zimbabwe marque un tournant majeur vers une fiscalité basée sur la consommation et une réglementation plus stricte des services numériques fournis depuis l'étranger. Si l'augmentation de la TVA et la nouvelle retenue à la source de 15 % sur les services numériques rapprochent le pays des normes régionales en matière de taxation de l'économie numérique, elles créent également de nouveaux défis immédiats pour la conformité des entreprises et leurs stratégies de tarification. Pour que ces réformes harmonisées soient couronnées de succès à long terme, les décideurs politiques doivent veiller à renforcer les recettes de l'État sans entraver inutilement la croissance numérique ni augmenter les coûts pour les utilisateurs finaux.
Sources: All Africa, Agence Ecofin
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