Le Mozambique est à la veille d'une expansion significative de son régime de taxe sur la valeur ajoutée pour englober expressément les biens et services numériques fournis aux consommateurs. Les réformes, si elles sont adoptées après examen parlementaire, devraient prendre effet début 2026 et marqueront un changement matériel dans la façon dont le système fiscal mozambicain traite le commerce numérique transfrontalier.
Motivations politiques des réformes proposées
Le gouvernement mozambicain a reconnu la rapide évolution de l'économie numérique et le besoin correspondant de moderniser son architecture fiscale indirecte. Lors de sa session du 2 décembre 2025, le Conseil des ministres a approuvé un projet de loi TVA qui vise à élargir l'assiette fiscale pour capturer les transactions de l'économie numérique, y compris l'activité des portefeuilles mobiles et les services assurés par des plateformes qui échappent actuellement à une taxation effective sous les règles existantes. Le projet de loi est actuellement devant le Parlement, avec une mise en œuvre prévue lors de sa promulgation plus tard dans l'année.
Les réformes s'alignent sur des objectifs de politique fiscale plus larges visant à :
- Uniformiser les règles entre les activités économiques traditionnelles et numériques,
- Freiner l'érosion de l'assiette fiscale à mesure que le commerce se déplace en ligne, et
- Moderniser les processus de conformité, notamment autour de la déclaration électronique et de la facturation.
Champ d'application : biens numériques et services numériques définis
Les dispositions TVA proposées prévoient une définition technologiquement neutre de la fourniture numérique qui va bien au-delà des services fournis par voie électronique (SFE) traditionnels. Dans le nouveau cadre, la TVA au taux normal de 16 % s'appliquera aux biens et services numériques fournis aux consommateurs au Mozambique, quel que soit le lieu d'établissement du fournisseur ou son statut d'établissement stable.
Qu'est-ce qui est dans le champ d'application ?
- Biens numériques : actifs incorporels livrés ou accessibles par voie électronique et susceptibles de propriété ou de licence, notamment les contenus numérisés, les ensembles de données, les publications électroniques et les actifs virtuels.
- Services numériques : services incorporels fournis via une infrastructure numérique, des plateformes, des logiciels ou des algorithmes. Cela englobe le logiciel en tant que service (SaaS), l'informatique en nuage, les services de streaming et de médias, les services financiers numériques et les places de marché en ligne.
Le libellé du projet de loi suggère que la définition est délibérément large pour accommoder les formes actuelles et émergentes d'activité commerciale numérique.
Lieu de prestation et mécanisme d'imposition
Selon les changements proposés, le lieu de prestation des biens et services numériques sera ancré à la consommation au Mozambique. Cela signifie que les fournitures consommées par les résidents mozambicains, y compris les utilisateurs finaux individuels (B2C), seront soumises à la TVA quel que soit le lieu d'établissement du vendeur.
Mécanisme d'autoliquidation pour les non-résidents
Pour les fournitures B2B effectuées par des fournisseurs non-résidents, le cadre du projet prévoit le maintien du mécanisme d'autoliquidation : le destinataire de la fourniture est responsable de la comptabilisation de la TVA due.
Enregistrement et implications de conformité
Immatriculation à la TVA
En vertu du droit actuel, les assujettis non-résidents fournissant des SFE à des assujettis mozambicains doivent s'immatriculer à la TVA et désigner un représentant fiscal résident. Étant donné que les réformes de 2026 engloberaient expressément les fournitures B2C, la question de savoir si les fournisseurs numériques non-résidents seront tenus de s'enregistrer directement sera probablement un point clé d'orientation dans les règlements finaux.
Facturation et déclaration
La pratique TVA existante au Mozambique requiert l'émission d'une facture ou d'un document équivalent attestant le traitement TVA de la fourniture. Le Ministère de l'Économie et des Finances a signalé une transformation numérique continue des processus de conformité TVA, notamment des mécanismes de déclaration électronique améliorés.
Considérations pratiques pour les entreprises
Fournisseurs non-résidents
Les plateformes numériques et les prestataires de services étrangers doivent évaluer de manière proactive :
- S'ils devront s'immatriculer à la TVA au Mozambique dans le cadre du nouveau régime,
- L'impact opérationnel de la facturation de la TVA sur les fournitures B2C (prix, systèmes de facturation et communication avec les clients),
- La préparation des systèmes à la conformité TVA mozambicaine, notamment la capture des données et la déclaration.
Entités résidentes et consommateurs
Les entreprises locales se procurant des services numériques auprès de fournisseurs non-résidents doivent se préparer à d'éventuelles obligations d'autoliquidation et s'assurer que les systèmes comptables sont en mesure de reconnaître et de déclarer la TVA due dans le cadre des mécanismes d'auto-évaluation.
Conclusion
Les réformes proposées par le Mozambique s'inscrivent dans une tendance plus large en Afrique où les juridictions modernisent les règles de TVA pour faire face à l'économie numérique. Des pays comme le Kenya, le Nigeria et l'Afrique du Sud ont récemment mis à jour ou sont en train de mettre à jour les règles de TVA numérique.
Sources : PwC, 360 Mozambique

