La pandémie de COVID-19 a créé de nombreuses difficultés, tant pour les administrations chargées de la fiscalité que pour les contribuables. Si certains obstacles tenaient au manque de clients ou de consommateurs, d'autres découlaient de l'évolution des méthodes de travail. Plus précisément, beaucoup n'étaient pas préparés au travail à distance, ce qui a engendré de graves problèmes, y compris au sein des administrations fiscales.
L'un de ces cas s'est produit au Royaume-Uni, où un contribuable (l'Appelante) a contesté les pénalités infligées par le HMRC pour dépôt tardif de déclarations de TVA et de paiements.
Les faits de l'affaire et le raisonnement du tribunal
L'affaire examinée illustre parfaitement les défis singuliers apparus avec les confinements liés à la pandémie.
En l'espèce, l'Appelante, avocate (solicitor), avait confié à un cabinet de tenue de comptes la gestion de l'ensemble de ses déclarations de TVA. Pour des raisons de santé, le comptable n'a pas pu se rendre physiquement au cabinet de l'Appelante pour examiner les documents relatifs à la TVA lorsque la pandémie de COVID-19 a éclaté. Cela a retardé la préparation des chiffres et des déclarations, qui se sont en outre révélés erronés.
Malgré ces éventuelles inexactitudes, l'Appelante a continué avec diligence d'effectuer les paiements mensuels de TVA, mais a refusé de signer les déclarations. Elle a par ailleurs désigné un second comptable et mis fin à la collaboration avec le premier. Le second comptable n'a toutefois pas pris les mesures nécessaires pour résoudre le problème et a même résilié le contrat sans fournir aucune prestation.
Finalement, en raison de circonstances particulières et de la charge de travail, l'Appelante n'a pas pu se consacrer seule à la résolution du problème des chiffres des déclarations de TVA et a demandé au premier cabinet de s'en charger, puisqu'il était à l'origine du problème. Cela n'a toutefois donné aucun résultat positif.
Entre-temps, alors qu'elle tentait de régler ce problème et échangeait avec le HMRC, celui-ci a infligé un point de pénalité pour dépôt tardif au titre de chacune des périodes se terminant en 05/23, 08/23 et 11/23, pour un montant total de près de GBP 7,000, sur la base d'un système de pénalités nouvellement instauré.
L'Appelante a contesté cette décision, mais le HMRC a rejeté son recours, estimant que, même si les cabinets qu'elle avait désignés pouvaient être à l'origine du problème, elle restait responsable du dépôt et du paiement en temps voulu des déclarations de TVA.
En définitive, il revenait au First-tier Tribunal (FTT) de trancher ce litige. Dans sa décision, le FTT a estimé que l'Appelante ne pouvait pas prévoir que le premier cabinet ne parviendrait pas à accomplir sa mission en raison du COVID-19, raison pour laquelle elle avait engagé un second cabinet, démontrant ainsi sa volonté de résoudre le problème.
Le FTT a conclu que l'Appelante avait fait preuve d'une diligence raisonnable pour éviter tout problème lié à la TVA, d'autant qu'elle avait contacté le HMRC et suivi ses conseils. Au vu de l'ensemble des faits, le FTT a ramené les pénalités à zéro.
Conclusion
Le litige tranché par le FTT montre les défis apparus pendant la pandémie de COVID-19 et la durée possible de leurs conséquences. Il montre aussi que, même lorsque les contribuables rencontrent des difficultés, une démarche proactive pour les régler peut aboutir à une issue favorable, y compris lorsque les pénalités et amendes ont déjà été infligées.

