Le Service des impôts internes chilien (SII) a publié un avis fiscal clarifiant le traitement fiscal d'une plateforme numérique qui agit comme intermédiaire entre des clients ayant besoin de services de notification judiciaire et des huissiers de justice qui les fournissent. Le SII explique comment traiter le flux d'argent, compte tenu des circonstances propres à l'affaire, en distinguant les paiements de transit des revenus réels de la plateforme.
La substance économique prime sur la forme juridique
La plateforme numérique ne fournit pas de services juridiques. Elle met plutôt en relation des avocats et des cabinets d'avocats (les clients) avec des huissiers de justice. Les huissiers fixent le prix, les clients demandent le service via la plateforme, et la plateforme numérique encaisse la totalité du paiement. Une fois le paiement du client encaissé, la plateforme en reverse la majeure partie aux huissiers de justice tout en conservant une commission de 15 %.
Le SII a expliqué que, d'un point de vue fiscal, la question centrale est de savoir comment traiter ce flux d'argent. Dans cette optique, même si la plateforme encaisse 100 % du paiement, cela ne reflète pas la substance économique réelle de la transaction. En réalité, seuls 15 % représentent le revenu de la plateforme au titre des services de courtage ou d'intermédiation, lequel est soumis à la TVA. Les 85 % restants reviennent aux huissiers de justice en rémunération de leurs propres services, exonérés de TVA.
Plus précisément, les 85 % restants sont considérés comme le revenu des bénéficiaires, qui doivent les déclarer au titre de l'impôt sur le revenu des personnes physiques en tant que revenus professionnels. Par conséquent, il leur incombe d'émettre leurs propres factures directement au client pour leur part du service.
À la suite de la conclusion du SII, la plateforme numérique ne doit émettre de documents de TVA que pour sa commission, tandis que le paiement transitant par elle pour le compte des huissiers de justice est traité comme un montant de transit, et non comme un revenu. Le SII a également précisé que la plateforme doit émettre des notes de crédit pour annuler ses factures initiales afin de corriger le document de TVA émis à tort pour le montant total de la transaction au lieu de sa seule commission.
Conclusion
L'interprétation du SII apporte de la clarté sur le traitement TVA des plateformes d'intermédiation de services judiciaires et fournit des orientations précieuses pour d'autres opérateurs de plateformes numériques ayant des modèles économiques similaires. L'avis constitue une référence pratique pour les intermédiaires numériques souhaitant déterminer correctement leur revenu imposable et veiller à ce que leur documentation de TVA reflète la substance économique de leurs transactions, plutôt que les montants bruts encaissés pour le compte de tiers.

