Au cours des derniers trimestres, les importateurs ont pu utiliser les valeurs par défaut approuvées par la Commission européenne. Toutefois, cet allègement touche à sa fin. Octobre est le mois où les déclarants doivent déclarer les importations réalisées au troisième trimestre en utilisant les données d'émissions réelles.
Dans cet article, nous expliquerons les informations nécessaires à déclarer, à partir du troisième trimestre 2024, ainsi que des informations générales concernant le système CBAM.
Qu'est-ce que le CBAM ?
Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM) est une réglementation environnementale ambitieuse promue par la Commission européenne. L'objectif principal est la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) lors du processus de production de certaines marchandises, telles que le fer/acier, le ciment, les engrais, l'aluminium, l'hydrogène et l'électricité.
L'objectif du CBAM est de garantir un système de tarification équivalente du carbone pour les importations et les produits de l'UE, qui sera progressivement mis en œuvre en 2 périodes, chacune assortie d'obligations spécifiques : la période transitoire (du 01/10/2023 au 31/12/2025) régie par le règlement d'exécution (UE) 2023/1773 (ci-après « RDE ») et la période définitive (01/01/2026).
Outre la recherche de la réduction des émissions mondiales de carbone, le CBAM vise à compléter le système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre au sein de l'Union établi par la directive 2003/87/CE (ci-après « ETS ») et à remplacer l'allocation gratuite actuelle de quotas.
En ce sens, l'UE tente de prévenir les fuites de carbone causées par la délocalisation de l'industrie en dehors de l'Europe.
Ces réglementations s'appliquent automatiquement et uniformément dans toute l'UE sans nécessiter de développement réglementaire interne et, compte tenu de leur nature technique et complexe, requièrent une étude et une évaluation continues.
Le CBAM aura un impact considérable sur les industries concernées par cette nouvelle réglementation. Il nécessiterait un examen détaillé du schéma opérationnel et des alternatives pour atténuer le coût énorme que pourrait représenter ce nouveau système dans les 10 à 12 prochaines années.
Marchandises incluses dans la réglementation CBAM
Conformément à l'article 2 du règlement, les produits actuellement concernés par la réglementation CBAM sont les suivants :
- Fer/acier
- Ciment
- Engrais
- Aluminium
- Hydrogène
- Électricité
La liste des codes tarifaires des marchandises concernées figure à l'annexe I du règlement CBAM.
La liste des industries et des marchandises concernées devrait être étendue après la période transitoire.
Obligations formelles
La réglementation CBAM établit certaines obligations formelles auxquelles les importateurs doivent se conformer. En particulier :
- Période transitoire (01/10/2023 au 31/12/2025)
- Période transitoire (à partir de 2026)
Fin des valeurs par défaut dans le CBAM. Quelles informations doivent être déclarées à partir du 3e trimestre 2024 ?
Comme indiqué précédemment, pendant la période transitoire, les importateurs doivent se conformer à l'obligation correspondante relative à la soumission d'une déclaration informative dans laquelle les opérateurs communiquent la quantité d'émissions générées lors de la fabrication des marchandises importées.
L'utilisation des « valeurs par défaut » n'était possible pour les rapports CBAM trimestriels que jusqu'au 31 juillet 2024 (T2 2024) et, à partir du troisième trimestre 2024 et jusqu'à la fin de l'année 2024, les informations relatives aux émissions doivent être calculées par vos soins en utilisant uniquement l'une des méthodologies suivantes :
- La nouvelle méthodologie.
- La déclaration fondée sur une méthode équivalente.
L'annexe IV du règlement 2023/956 établissant un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières définit les méthodes de calcul nécessaires à cette fin pour le rapport CBAM à soumettre en octobre 2024.
Les informations requises sont les suivantes :
- Informations sur l'installation de production : concernant les installations où se déroulent les travaux de production, il est nécessaire de communiquer :
- Informations sur les émissions : cette section comprend la méthode de production appliquée, les émissions directes intégrées spécifiques (tonnes CO2/unité), la quantité d'énergie utilisée dans le processus et les émissions de CO2 implicites dans cette consommation d'énergie. En outre, les informations sur les émissions totales de l'installation (directes et indirectes en tonnes CO2) sont nécessaires.
a) Émissions directes : exprimées en tonnes.
b) Émissions indirectes :
- Type de méthodologie de déclaration, en choisissant l'une des options suivantes : o Règles de la Commission. o Autre.
- Source d'électricité : indiquer l'énergie utilisée dans le processus de production, en choisissant l'une des options suivantes : o Connexion directe à un générateur d'électricité. o Contrat d'achat d'électricité (bilatéral). o Reçue du réseau.
- Électricité consommée : MWH / unité.
- Source utilisée pour calculer le facteur d'émission de l'électricité, en choisissant l'une des options suivantes : o Sur la base des données de l'AIE (Agence internationale de l'énergie) o Autres méthodes, auquel cas la méthode choisie doit être indiquée.
- Facteur d'émission de l'électricité exprimé en tonnes CO2/MWh (si l'AIE est sélectionnée, cette donnée sera remplie automatiquement)
La question clé : que faire si nous n'avons pas les informations ?
De nombreux importateurs peinent à obtenir les informations correctes afin de soumettre les rapports CBAM en conséquence. Il s'agit d'une situation critique puisque les données doivent être collectées auprès des fournisseurs.
Cependant, les fournisseurs n'ont pas l'habitude d'effectuer ce calcul spécifique pour les marchandises fabriquées et les informations ne parviennent pas aux opérateurs, qui devraient élaborer un plan B pour la prochaine déclaration à effectuer en octobre.
Le système CBAM repose sur une bonne coopération entre les fournisseurs et les importateurs. Une communication efficace entre les parties est essentielle pour assurer le succès de cette nouvelle mesure. De même, pour éviter les sanctions.
Les difficultés rencontrées par les opérateurs ne sont pas étrangères à l'UE. Par conséquent, dans la dernière mise à jour de la FAQ relative au CBAM, il semble que l'UE autorise l'utilisation des valeurs par défaut dans les cas où le déclarant n'est pas en mesure de recevoir les informations correctes. En tout état de cause, le rapport sera considéré comme incorrect ou incomplet.
Il ne s'agit pas d'une question simple, car le déclarant doit prouver qu'il a pris toutes les mesures pour obtenir les données réelles d'émissions auprès des fournisseurs. De même, il serait nécessaire de fournir la documentation justificative prouvant que les déclarants ont entrepris tous les efforts raisonnables, comme indiqué à la question 74 de la FAQ.
En fin de compte, il n'y aura aucune sécurité juridique pour les opérateurs qui doivent prouver leur diligence raisonnable.
Le CBAM est un nouveau défi que les entreprises doivent relever pour la prochaine décennie.

