Plus de 15 000 chauffeurs britanniques ont remporté une bataille juridique contre la plateforme de VTC Bolt lorsque le tribunal du travail (Employment Tribunal) a rendu sa décision statuant que les chauffeurs ne sont pas des entrepreneurs indépendants exploitant leur propre entreprise, mais des salariés de Bolt.
Outre le versement potentiel de plus de 200 millions GBP aux chauffeurs au titre des arrêts maladie et des congés, Bolt pourrait faire face à d'importantes implications en matière de TVA.
Implications du jugement en matière de TVA
Plusieurs éléments doivent être pris en compte concernant cette affaire et la décision du tribunal du travail. Le premier est que la décision ne vise que les chauffeurs qui n'utilisent pas plusieurs applications. Cela signifie que cette décision ne s'applique pas aux chauffeurs qui recourent à d'autres applications de VTC, telles qu'Uber, pour proposer leurs services. Bolt a indiqué que neuf chauffeurs sur dix utilisant Bolt recourent également à différentes applications pour trouver des clients.
Le deuxième point important à considérer est que Bolt pourrait faire appel de cette décision et, à terme, la faire annuler. Toutefois, certaines règles relatives à la TVA sont importantes si la décision n'est ni contestée ni annulée.
Bolt pourrait devenir responsable des obligations de TVA liées aux courses effectuées par les chauffeurs considérés comme salariés. En vertu de la législation britannique sur la TVA, ces services sont soumis à un taux de TVA de 20 %. Toutefois, si les chauffeurs ne dépassent pas le seuil d'immatriculation à la TVA de 90 000 GBP, la TVA ne sera pas facturée.
Il reste à voir comment le HMRC, en tant qu'organisme chargé des questions de TVA, réagira à cette décision et s'il demandera à Bolt de payer la TVA au titre des années précédentes. Outre la TVA due, des pénalités et des intérêts pourraient également être imposés à Bolt pour paiements tardifs.
Conclusion
Après qu'Uber a perdu sa bataille juridique, la Cour suprême du Royaume-Uni ayant déclaré que ses chauffeurs n'étaient pas des indépendants mais des salariés bénéficiant de droits sociaux complets, tels que les congés payés, un salaire minimum garanti et des pauses, il s'agit de la deuxième affaire en une période relativement courte tranchée en faveur des chauffeurs et non de la plateforme de VTC.
Ces décisions redéfinissent les questions liées au travail pour les chauffeurs et pourraient contribuer à des obligations de TVA supplémentaires pour les plateformes de VTC.
Source : UK Employment Tribunal, BBC

