Un audit de TVA ou de GST peut représenter une épreuve délicate pour toute entreprise. Alors que les autorités fiscales du monde entier s'appuient de plus en plus sur l'analyse de données, les systèmes de déclaration électronique et l'échange transfrontalier d'informations pour repérer les risques de non-conformité en matière de TVA, les entreprises font l'objet de contrôles de plus en plus détaillés de leurs processus TVA, de leurs enregistrements de transactions et de leurs pièces justificatives.
Un audit réussi ne se limite pas à disposer de déclarations de TVA ou de GST exactes. Les entreprises doivent en outre démontrer que leurs décisions de traitement TVA reposent sur une documentation appropriée, des contrôles internes et une piste d'audit claire. En se préparant à l'avance et en adoptant une approche proactive (« garder une longueur d'avance »), les entreprises peuvent identifier les problèmes potentiels, réduire leur exposition aux pénalités et répondre efficacement aux demandes des autorités fiscales.
Pour y parvenir, les parties prenantes clés doivent comprendre le déroulement d'un audit de TVA et de GST, ce que recherchent les autorités fiscales, quels documents sont essentiels pour prouver la conformité et comment éviter un audit défavorable.
Comprendre le déroulement d'un audit de TVA/GST
Le risque d'audit en matière de TVA et de GST correspond à la possibilité que la déclaration d'une entreprise contienne des erreurs ou des incohérences susceptibles d'attirer l'attention des autorités fiscales ou de poser problème lors d'un audit. Fait important, cela ne se limite pas à la non-conformité intentionnelle : même des erreurs de bonne foi peuvent créer une exposition si elles résultent de transactions complexes, de contrôles insuffisants ou de processus fiscaux défaillants.
Le niveau de risque d'audit dépend de trois éléments principaux : la probabilité qu'une erreur existe, la probabilité qu'elle soit découverte et son impact si elle est identifiée. Plus le modèle d'affaires est complexe, plus le risque est élevé. En cas d'erreurs, les entreprises peuvent s'exposer à des rappels d'impôt, des pénalités, des intérêts de retard et une atteinte à leur réputation, selon de multiples facteurs.
Parmi les facteurs les plus courants qui incitent les autorités fiscales à mener un audit de TVA ou de GST figurent les demandes de remboursement de TVA inhabituelles, les variations importantes des volumes de transactions ou des marges, les transactions internationales complexes, les changements de traitement TVA et les écarts entre la comptabilité, les données transactionnelles et les déclarations de TVA soumises.
Étant donné que les autorités fiscales s'appuient de plus en plus sur des audits fondés sur les données, même de petits écarts peuvent déclencher des contrôles lorsqu'ils correspondent à des indicateurs de risque. Récemment, l'Autorité fiscale de Singapour (IRAS) et la police de Singapour ont annoncé que huit personnes ont été condamnées à de la prison pour fraude à l'opérateur défaillant. C'est la trace documentaire laissée par les factures et les déclarations de GST falsifiées qui a déclenché l'audit et les enquêtes en matière de GST.
Dans certains cas, les gouvernements peuvent décider de mener des audits de TVA/GST spéciaux. Le Viêt Nam en est un exemple notable, où les audits fiscaux ciblent les entreprises déficitaires. Le Département des impôts a expressément demandé aux services fiscaux locaux, à la Division des grandes entreprises et à l'unité e-commerce de renforcer la surveillance et de mener des audits dits « thématiques ».
Il convient également de garder à l'esprit que les audits de TVA et de GST débutent généralement par une communication préalable entre les autorités fiscales et l'entreprise. Avant l'audit, les autorités fiscales contactent l'entreprise pour convenir de la date, du lieu, de la période contrôlée et de la durée prévue de l'audit.
Ce que contrôlent les autorités fiscales
Si les domaines précisément examinés dépendent des activités et du profil de risque de l'entreprise, plusieurs points de TVA et de GST sont fréquemment contrôlés. Au début de l'audit, les autorités fiscales recueillent des informations sur les activités de l'entreprise, sa structure, ses caractéristiques sectorielles, ses processus de gestion, son effectif et les personnes responsables de la comptabilité et de la conformité TVA/GST.
De manière générale, l'objectif d'un audit de TVA est de vérifier qu'une entreprise a correctement rempli ses obligations en matière de TVA et que ses déclarations fiscales sont exactes, complètes et conformes à la législation applicable. Pour ce faire, les autorités fiscales examinent différentes sources de revenus, notamment les ventes de biens et de services, les cessions d'actifs de l'entreprise, l'usage privé des ressources de l'entreprise et d'autres opérations pouvant avoir des implications en matière de TVA.
Les autorités peuvent également examiner des opérations hors du champ de la TVA, telles que les cadeaux, les dividendes ou les indemnités, afin de s'assurer qu'elles ont été correctement qualifiées. Elles vérifient aussi si les demandes de TVA déductible sont valables et étayées par une documentation appropriée, et si le montant correct de TVA a été calculé, déclaré et payé. Dans certains cas, les autorités fiscales examinent si les opérations réalisées avant l'immatriculation à la TVA ont été correctement évaluées et déclarées conformément aux règles locales.
Par ailleurs, les autorités fiscales s'attachent à repérer les montages destinés à réduire artificiellement la charge de TVA, comme le fractionnement d'une même activité en plusieurs entités pour éviter les seuils d'immatriculation ou les obligations fiscales. L'audit couvre en outre certaines opérations et situations sensibles au regard de la TVA/GST susceptibles de créer des risques de conformité. Il s'agit notamment des opérations entre parties liées, des services non justifiés, des changements d'affectation des actifs, de l'usage mixte professionnel et privé, des acomptes, des dispositions contractuelles et d'autres événements pouvant influer sur le traitement TVA.
Les documents fréquemment demandés par les auditeurs
Avant le début de l'audit, dès la communication initiale, les autorités fiscales informent les entreprises des documents qu'elles doivent fournir. Cette première notification est généralement suivie d'une confirmation écrite formelle. Les documents exactement requis dépendent de la juridiction et de l'étendue du contrôle, mais les entreprises doivent en règle générale être prêtes à fournir des registres TVA et comptables complets.
Les documents habituellement exigés par les autorités fiscales comprennent les déclarations de TVA/GST et les calculs correspondants, les factures de vente et d'achat, les écritures du grand livre, les rapprochements des comptes de TVA/GST et les rapports de transactions. Ces documents permettent aux auditeurs de déterminer si les montants de TVA/GST déclarés correspondent aux opérations réelles de l'entreprise.
Les entreprises peuvent également devoir fournir les contrats conclus avec les clients et les fournisseurs, en particulier lorsque le traitement TVA/GST dépend des conditions contractuelles, du statut du client ou de la nature des biens ou services fournis. Pour les opérations transfrontalières, les auditeurs demandent souvent les documents de transport, les déclarations en douane, les preuves d'exportation, les numéros d'identification TVA/GST des clients et les éléments justifiant la détermination du lieu de prestation.
Les prestataires de services numériques ou qui opèrent via des plateformes en ligne peuvent avoir à fournir des preuves de localisation des clients, des relevés de paiement, des rapports de plateforme et les informations utilisées pour déterminer les obligations TVA/GST.
Les entreprises doivent aussi prêter une grande attention aux durées de conservation, car elles varient fortement d'un pays à l'autre. Ce point est particulièrement important pour les entreprises qui opèrent et sont immatriculées à la TVA ou à la GST dans plusieurs juridictions. À cela s'ajoute le fait que les pays peuvent avoir des exigences différentes en matière de stockage des documents.
Les échecs d'audit courants et comment les éviter
Même si les entreprises visent généralement la conformité, des erreurs surviennent. Parmi les problèmes rencontrés figurent des processus déficients, une documentation insuffisante ou une mauvaise interprétation de règles TVA/GST complexes. L'un des exemples les plus fréquents est l'application de taux de TVA/GST erronés. Un autre problème récurrent est l'insuffisance des preuves étayant le traitement TVA/GST.
En outre, les entreprises peuvent déduire la TVA/GST sur des dépenses exclues du droit à déduction, mal qualifiées ou non appuyées par des factures valables, ce qui aboutit à une récupération incorrecte de TVA déductible. De plus, un manque de cohérence des données entre les ventes déclarées, les états financiers et les déclarations de TVA peut déclencher un audit.
Pour éviter ces problèmes, les entreprises devraient régulièrement vérifier si leur dispositif de conformité TVA/GST peut résister au contrôle des autorités fiscales. Cela suppose de s'assurer que les immatriculations TVA/GST sont exactes, que les déclarations de TVA/GST sont correctement revues avant leur dépôt et que les enregistrements de transactions sont complets et accessibles. D'autres mesures consistent à vérifier que les systèmes comptables appliquent le bon taux de TVA/GST et qu'il existe des processus de rapprochement entre les déclarations de TVA/GST, la comptabilité et les états financiers.
Parmi les autres mesures pour une bonne préparation TVA/GST figurent l'attribution de la responsabilité de la conformité TVA, le suivi des évolutions législatives, le maintien de standards de documentation et la réalisation d'évaluations périodiques des risques. Prises ensemble, ces pratiques aident les entreprises à garder une longueur d'avance, transformant un audit potentiellement stressant en un processus courant et maîtrisable.

