Litiges fiscaux en Lituanie : explication des mesures provisoires

Résumé
L'essence même de ces mesures réside dans le fait que, dans le cadre de litiges fiscaux, les contribuables demandent souvent l'application d'une mesure visant à garantir leur créance — par exemple, la suspension d'une décision contestée de l'Inspection fiscale de l'État jusqu'à ce que la décision du tribunal dans leur litige fiscal devienne définitive, ou la suspension du recouvrement des arriérés d'impôts, etc. En raison de la crise économique actuelle, ces questions sont malheureusement devenues plus pressantes pour de nombreux contribuables ces derniers temps.
Règle juridique : quand un tribunal peut-il appliquer des mesures provisoires ?
La Cour administrative suprême de Lituanie a noté que, pour l’application de mesures visant à garantir une créance, il suffit que la demande du requérant, telle qu’elle est formulée dans la plainte, ait objectivement des chances d’être accueillie. Après avoir procédé à une évaluation préliminaire du bien-fondé de la demande, le tribunal ne peut refuser d’appliquer des mesures conservatoires que dans les cas où la demande formulée dans la plainte (requête) est manifestement infondée (par exemple, le requérant a choisi un moyen de défendre ses droits ou intérêts protégés par la loi qui est inadmissible ou manifestement impossible au regard des exigences de la loi ; une demande est présentée en vue de l'application de mesures conservatoires pour garantir une demande qui est entièrement infondée au regard des circonstances factuelles exposées dans la plainte (la requête), etc.)
Les deux conditions cumulatives prévues à l’article 70
Dans sa jurisprudence la plus récente, la Cour administrative suprême de Lituanie a précisé que des mesures conservatoires peuvent être appliquées lorsque deux conditions cumulatives pour l’application de telles mesures, telles qu’énoncées à l’article 70 de la loi sur la procédure administrative, sont remplies :
la partie à la procédure étaye de manière plausible le bien-fondé de la demande dans la plainte (c'est-à-dire qu'elle expose des arguments prima facie concernant l'illégalité de l'acte contesté) ;
le fait de ne pas appliquer de mesures provisoires peut entraîner un préjudice important, irréparable ou difficile à réparer
Évaluation du risque de préjudice irréparable
Pour déterminer si la deuxième condition (préjudice irréparable ou difficile à réparer) est remplie, le tribunal doit prendre en compte la nature des demandes pour lesquelles des mesures provisoires sont sollicitées, les faits invoqués à leur appui, les droits et obligations conférés par l’acte contesté et leur exercice effectif, ainsi que la question de savoir si l’application de la mesure provisoire, compte tenu des circonstances établies, serait proportionnée à l’objectif recherché, ne violerait pas le principe de proportionnalité, l’équilibre des intérêts des parties à la procédure et l’intérêt public.
Étude de cas : une décision récente de la Cour administrative suprême de Lituanie
Dans une affaire tout à fait nouvelle portée devant la Cour administrative suprême de Lituanie, le requérant a demandé l’application de mesures visant à garantir la créance jusqu’à la signature d’un accord de règlement avec l’administration fiscale ou jusqu’à ce que l’affaire administrative ait été examinée au fond par le tribunal.
Le requérant a indiqué qu’à la suite de la décision du tribunal de rejeter la demande, l’administration fiscale avait saisi un huissier de justice pour l’exécution de la décision. Par conséquent, selon le requérant, il aurait à supporter des frais supplémentaires, qu’il signe un accord de règlement avec l’administration fiscale ou que le tribunal fasse droit à son recours.
Il est intéressant de noter que la Cour administrative suprême de Lituanie a rejeté le recours du requérant, estimant que, pour statuer sur l’application des mesures de garantie des créances visées à l’article 70, paragraphe 3, de la loi sur la procédure administrative, il fallait établir qu’il existait un risque réel que, si ces mesures de garantie de la créance n’étaient pas appliquées, un préjudice important, irréparable ou difficile à réparer, puisse être causé. Des mesures conservatoires peuvent être appliquées s’il existe des arguments prima facie (à première vue) concernant la validité de l’acte contesté et concernant le fait que l’exécution de l’acte administratif causerait un préjudice important, dont la réparation (indemnisation) serait difficile
Principes clés régissant le recours aux mesures provisoires
La Cour administrative suprême de Lituanie (LVAT) a déclaré que les mesures provisoires, en tant que droit accordé par la loi, doivent être utilisées de manière raisonnable et de bonne foi ; elles ne doivent pas faire l'objet d'abus ni être utilisées à des fins autres que celles pour lesquelles elles sont prévues. La Cour administrative suprême de Lituanie a noté que l’application de mesures visant à garantir une demande, conformément aux circonstances établies, doit être proportionnée à l’objectif recherché et ne doit pas violer les principes de proportionnalité et d’équilibre des intérêts entre les parties à la procédure, ni l’intérêt public.
En outre, la Cour administrative suprême de Lituanie a jugé à plusieurs reprises que le fondement de l’application de mesures conservatoires doit être réel, et non fondé sur des hypothèses concernant d’éventuelles conséquences négatives futures. L’hypothèse selon laquelle le demandeur pourrait subir certaines conséquences défavorables ne constitue pas en soi un fondement pour l’application de mesures conservatoires, en particulier si le demandeur ne parvient pas à prouver qu’il serait impossible ou difficile de remédier à ces conséquences défavorables.
Enfin, de l’avis de la Cour administrative suprême de Lituanie, les personnes demandant l’application d’une mesure de garantie doivent préciser les circonstances constituant le fondement de la garantie et produire des preuves confirmant ces circonstances.
Par conséquent, après avoir examiné les circonstances exposées dans la demande du requérant visant à obtenir des mesures conservatoires et dans le recours distinct, sur lesquelles repose la nécessité d’appliquer la mesure conservatoire, ainsi que les pièces jointes à ces documents de procédure, la chambre de la Cour administrative suprême de Lituanie a souscrit à la conclusion de la juridiction de première instance selon laquelle le requérant, à qui incombe la charge de prouver la nécessité d’appliquer la mesure provisoire, n’avait pas démontré qu’à ce stade de la procédure, il existait des motifs justifiant l’application de la mesure provisoire demandée par le requérant et que l’application de cette mesure permettrait d’assurer un équilibre entre les intérêts des parties et l’intérêt public.
Conclusion
Il est estimé qu’il existe un manque important d’informations et de débats plus généraux sur ces sujets ; par conséquent, le présent article présente une analyse de la jurisprudence la plus récente et la plus pertinente de la Cour administrative suprême de Lituanie sur le sujet examiné.
Articles en vedette
Togo VAT Rules for Non-Resident Digital Services
🕝 May 11, 2026
La taxe numérique en Côte d’Ivoire : explications sur la TVA et la retenue à la source de 30 %
🕝 May 4, 2026
Faire des affaires en Pologne et en Lituanie : taux de TVA et conclusions stratégiques
🕝 April 27, 2026
Faire des affaires en Pologne et en Lituanie : tout savoir sur les subventions de l'UE et les aides financières
🕝 April 20, 2026Plus de nouvelles de Lituanie
Obtenez des mises à jour en temps réel et des informations sur l'évolution de la situation dans le monde entier, afin d'être informé et préparé.
-e9lcpxl5nq.webp)
