Nouveau droit de douane de 3 euros par article dans l'UE expliqué aux vendeurs étrangers

Résumé
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La fin de l'année 2025 a apporté la confirmation officielle de ce qui était discuté depuis un certain temps : l'UE met fin à l'exonération douanière pour les colis d'une valeur inférieure à 150 euros envoyés depuis des pays non membres de l'UE à des consommateurs dans l'UE. En conséquence, la règle existante, en vertu de laquelle les marchandises de faible valeur vendues aux consommateurs de l'UE bénéficiaient historiquement d'une exonération des droits de douane, est supprimée. Néanmoins, la TVA continue de s'appliquer dans le cadre de mécanismes tels que le guichet unique pour les importations (IOSS).
De plus, les décideurs politiques de l'UE ont convenu d'introduire de nouvelles règles douanières provisoires, qui deviendront finalement permanentes, qui redéfiniront la manière dont les vendeurs étrangers calculent leurs coûts et leurs obligations de conformité lorsqu'ils vendent sur le marché unique de l'UE. Du point de vue de l'UE, ces changements reflètent des objectifs plus larges d'équité, de compétitivité et de modernisation administrative.
Aperçu des principaux changements en matière d'allègement douanier pour les marchandises de faible valeur
Le changement principal concerne la suppression du seuil d'exonération des droits de douane de 150 euros pour les envois de faible valeur. Pour comprendre l'impact de ce changement sur les vendeurs étrangers, il est essentiel de clarifier le fonctionnement du système précédemment en place. Dans le cadre du régime existant, les colis inférieurs à ce seuil entrent dans l'UE en franchise de droits, même si la TVA et les déclarations formelles peuvent toujours s'appliquer.
Conçu pour réduire la charge administrative liée au dédouanement de millions de petits envois, ce mécanisme a, dans une certaine mesure, atteint son objectif, mais il a également créé des distorsions de concurrence, encouragé la sous-évaluation des marchandises et compliqué l'application des règles de sécurité et de conformité des produits. Les chiffres le prouvent.
En 2024, près de 4,6 milliards de colis de faible valeur sont entrés sur le marché de l'UE, soit une augmentation de 100 % par rapport à 2023 et trois fois plus qu'en 2022. D'un autre point de vue, près de 12 millions de colis par jour sont entrés dans l'UE en 2024, 91 % des envois liés au commerce électronique provenant de Chine.
En réponse à cette tendance, la Commission européenne a proposé de supprimer le seuil d'exonération des droits de douane de 150 euros en 2023, dans le cadre de la réforme douanière tant attendue de l'UE. Après des années de débats, le Conseil de l'Union européenne a convenu en décembre 2025 qu'à partir du 1er juillet 2026, un droit de douane forfaitaire de 3 euros par article sera prélevé sur les marchandises d'une valeur inférieure ou égale à 150 euros entrant dans l'UE en provenance de pays tiers.
Le nouveau système : ce qui remplace l'exonération
Avec la décision finale de supprimer l'exonération, l'UE poursuit sa réforme du régime et des procédures douaniers. La première partie, provisoire ou transitoire, de la réforme est ce nouveau régime, avec un droit de douane fixe de 3 euros par article, qui s'appliquera à partir de la mi-2026.
Il est essentiel de comprendre que cette taxe ne varie pas en fonction de la valeur, ni simplement par colis ou par envoi, mais par type d'article, tel que classé dans les positions tarifaires douanières. Par conséquent, un envoi contenant plusieurs articles pourrait donner lieu à plusieurs taxes de 3 euros, ce qui augmenterait effectivement les droits de douane sur les colis contenant plusieurs articles.
Néanmoins, la taxe de 3 euros par article ne doit pas être confondue avec les éventuels frais de traitement, qui constituent une taxe distincte en cours de discussion destinée à couvrir les coûts administratifs et de conformité liés à l'inspection et au traitement des marchandises de faible valeur. Actuellement, la Commission envisage d'introduire une taxe de 2 euros par colis.
En ce qui concerne les frais de douane, les vendeurs et les places de marché étrangers doivent s'attendre à les intégrer dans leur tarification et leur planification logistique. Toutefois, à long terme, le centre de données douanières de l'UE et les réformes plus larges, qui débuteront en 2028, permettront de calculer les droits de douane sur la base des barèmes tarifaires et des classifications de produits existants.

Remarque: les données figurant dans l'image proviennent de l'article de la Commission européenne intitulé « Réforme douanière de l'UE ».
Effets globaux des modifications apportées aux règles douanières de l'UE
De manière générale, la suppression du seuil de 150 euros pour les marchandises de faible valeur importées de l'extérieur de l'UE signifie que les droits de douane s'appliqueront dès le premier euro, mettant fin au traitement préférentiel dont bénéficiaient auparavant ces expéditions. En conséquence, les importateurs ne bénéficieront plus de procédures de dédouanement simplifiées.
En outre, la modification des règles devrait rétablir des conditions de concurrence équitables entre les détaillants basés dans l'UE et les vendeurs en ligne non européens en supprimant un avantage structurel en termes de coûts qui favorisait le commerce électronique transfrontalier. Les régulateurs européens espèrent également voir diminuer le volume des importations de marchandises de faible valeur.
Cependant, cela soulève une question cruciale : comment ce changement de politique affecte-t-il les vendeurs étrangers et les vendeurs non européens ?
Ce que cela signifie concrètement pour les vendeurs étrangers
Une fois les nouvelles règles douanières entrées en vigueur, les vendeurs étrangers, les vendeurs non européens et les places de marché seront confrontés à plusieurs défis opérationnels et commerciaux. Le premier effet, et le plus évident, est l'impact direct sur le prix et la compétitivité des produits. Les vendeurs en ligne habitués à proposer des produits à des prix qui supposaient une entrée en franchise de droits dans l'UE pourraient voir leurs offres devenir moins compétitives une fois que les frais de 3 euros par article et les éventuels droits de douane seront pris en compte dans les prix finaux.
Les droits de douane de 3 euros s'appliquent aux marchandises vendues par des vendeurs non européens enregistrés auprès de l'IOSS pour la TVA, ce qui couvre environ 93 % des expéditions de commerce électronique vers l'UE. Les vendeurs et les fournisseurs non enregistrés auprès de l'IOSS, en revanche, pourraient être confrontés à un dédouanement plus lent et à des coûts administratifs supplémentaires, ce qui les inciterait davantage à participer à l'IOSS.
Il convient de noter que l'application de droits fixes par article peut affecter de manière disproportionnée les vendeurs de produits multi-articles ou groupés, où chaque article pourrait être soumis à des droits de 3 euros. Tous ces changements pourraient avoir un impact négatif sur les petits vendeurs aux marges faibles, qui pourraient considérer l'impact cumulé des droits, de la TVA, des frais de traitement et des coûts de mise en conformité comme un obstacle important à surmonter.
Comprendre le nouveau mode de calcul
Outre les défis administratifs, la conséquence la plus notable de la réforme est l'émergence d'un nouveau mode de calcul pour déterminer les droits de douane et les frais connexes. Alors que le système remplacé traitait les colis de faible valeur comme exempts de droits jusqu'à 150 euros, le passage à un droit fixe par article introduit une logique différente, dans laquelle les droits ne sont plus directement liés à la valeur inférieure au seuil, mais plutôt à la présence et à la catégorisation des articles dans l'envoi.
Exemple 1 : colis contenant un seul article d'une valeur inférieure à 150 euros
Un vendeur expédie une montre connectée d'une valeur de 120 euros à un client de l'UE. Selon les anciennes règles, l'envoi est soumis uniquement à la TVA, et non aux droits de douane. Selon les nouvelles réglementations, des droits de douane de 3 euros s'appliquent en plus de la TVA.

Exemple 2 : colis contenant plusieurs articles d'une valeur inférieure à 150 EUR
Un vendeur expédie un colis contenant trois accessoires pour téléphone, d'une valeur unitaire de 40 euros, pour un montant total de 120 euros. Selon les anciennes règles, l'ensemble du colis est exonéré de droits de douane, mais soumis à la TVA. Selon les nouvelles règles, des droits de douane de 3 euros par catégorie d'articles s'appliquent, ce qui entraîne des droits de douane supplémentaires de 9 euros, auxquels s'ajoute la TVA.

Exemple 3 : envoi composé de plusieurs produits identiques de faible valeur
Un vendeur expédie un colis contenant 10 écouteurs identiques, d'une valeur unitaire de 10 euros, pour un montant total de 100 euros. Auparavant, ce colis était exempt de droits de douane, mais soumis à la TVA. En vertu des nouvelles règles, les écouteurs relevant de la même position tarifaire, c'est l'ensemble du colis, et non chaque écouteur individuellement, qui est soumis à des droits de douane de 3 euros.

Points clés
Il est essentiel que les entreprises étrangères et non européennes comprennent que, selon les nouvelles règles de l'UE, les droits de douane sont calculés par type d'article, tel que classé dans les positions tarifaires douanières, et non sur la valeur totale du colis. Cela modifie fondamentalement la modélisation des coûts pour les produits groupés, les commandes multi-articles et les envois à grand volume, ce qui oblige les fournisseurs et les vendeurs étrangers à mettre à jour leurs systèmes de tarification, de logistique et de conformité.
Source: VATabout - L'UE supprime le seuil douanier de 150 euros pour lutter contre la sous-évaluation, VATabout - L'UE va introduire des droits de douane de 3 euros sur les colis de faible valeur issus du commerce électronique, VATabout - Aperçu du rapport ECOFIN 2025 : TVA européenne, IOSS et règles numériques, Parlement européen, Commission européenne
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